| |
|
SOEUR RAFQA, LA MONIALE TRAVAILLEUSE
En tant que vraie moniale libanaise
maronite, sœur Rafqa de Himlaya, après ses exercices spirituels
quotidiens, devait vaquer au travail manuel.
Avant sa maladie, elle s'occupait
parfois de certaines élèves et orphelines qui venaient
au monastère Saint-Sém'an EI-Qarn, de la région
environnante. Elle leur inculquait surtout les vérités
que l'Eglise enseigne, et elle leur assurait l'enseignement et l'éducation,
du fait qu'elle était habituée à ce genre d'activité
lorsqu'elle était encore Mariamette. Elle aidait également
les autres moniales à faire le ménage, à préparer
la cuisine ou tout autre genre de travail domestique. Elle était
consciente que l'homme ne doit jamais avoir honte de travailler,
car «à la sueur de son front, il mangera son pain» (Gen,
3,19).
Une fois aveugle, notre Servante
de Dieu cherchait à aider ses sœurs à la boulangerie
en arrondissant le pain avec elles, ou à la cuisine en lavant
les plats et les ustensiles. Parfois, les moniales, par pitié
pour elle, ne la laissaient pas travailler à cause de sa
cécité; mais elle les priait de placer les ustensiles
à côté d'elle afin qu'elle les lave le premier
tour. Elle disait: «L'oisiveté vient du démon, et
le travail est un acte de dévotion».
Percluse, elle ne pouvait bouger
que ses mains; c'est pourquoi, elle ne cessait de tricoter pour
ne pas être oisive. «Lorsque Rafqa avait terminé ses
prières, rapporte sa supérieure sœur Ursula Doumit,
elle s'occupait à tricoter des bas avec son crochet, à
filer de la laine ou du coton avec sa quenouille, et il n'y avait
de sain dans son corps que les articulations de ses mains, comme
il a été dit plus haut. Comme elle était aveugle,
il lui était absolument égal de travailler le jour
ou la nuit. Elle le faisait sans se lasser, sans s'ennuyer pour
ne pas demeurer oisive, pas même une seule minute. Toutes
les moniales portèrent des bas de son travail et il en reste
encore jusqu'à ce jour (c'est-à-dire en l'an 1926)
au monastère. Elle passait la nuit soit à prier, soit
à tricoter des bas ou à filer de la laine. Elle était
-Dieu ait pitié de son âme -douce de caractère.
Elle parlait peu. Elle était intelligente, prudente, d'un
esprit vif, prévoyant, aveugle du corps mais lucide d'esprit.
Les preuves de sa prudence et de la vivacité de son esprit
sont trop nombreuses pour que je puisse les énumérer».
Il était de tradition que
les moniales libanaises maronites, tout en exécutant les
travaux manuels, s'entretiennent des choses spirituelles et des
questions d'Ecriture Sainte. Notre Servante de Dieu, se trouvant
toujours à l'ouvroir, prenait part à la conversation,
et elle les surpassait par sa science spirituelle et son intelligence;
ses réponses s'avéraient toujours prêtes et
justes; ce qui portait sa supérieure à lui demander
souvent son avis. Aussi, au dire des autres moniales, sœur Rafqa
était-elle plus instruite qu'elles et plus intelligente.
En somme, sœur Rafqa de Himlaya n'a
pas été une seule minute inoccupée. La nuit
comme le jour, elle ne faisait que prier et travailler. Son travail
était même une prière continuelle, selon le
précepte de Saint Paul: «Quoi que vous fassiez, faites tout
pour la gloire de Dieu». (1 Cor, 10,31). C'est pourquoi, elle était
toujours calme et heureuse, et «le sourire ne quittait jamais ses
lèvres».
|