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LA PARTICIPATION A LA PASSION DU
CHRIST
Dès son enfance, et en dépit
des épreuves qu'elle avait subies et des malheurs qu'elle
avait vécus, notre Servante de Dieu ne s'est jamais plainte
de sa santé. Comme toute jeune fille de la montagne libanaise
où l'air est pur et sain, et 1 'eau fraîche et salubre,
elle avait une constitution forte et se portait à merveille.
Toutefois, son amour pour son Bien-aimé qui a souffert pour
sauver l'humanité, l'amenait à l'imiter et à
partager sa Passion. Autrement dit, elle voulait «trouver sa joie
dans les souffrances, comme dit Saint Paul, et compléter
en sa chair ce qui manque à la Passion du Christ pour son
Corps qui est l'Eglise» (Col, 1,24).
Loin d'être une masochiste,
la moniale Rafqa était animée d'un amour ardent -voire
fou -pour le Christ; et si elle aimait souffrir comme Lui, c'était
pour être davantage unie à Lui, et participer ainsi
à la Rédemption du monde. Chaque chrétien doit
vivre le mystère de l'Incarnation-Rédemptrice; si
l'Eglise du Christ n'est que le prolongement de cette Incarnation,
chaque membre de ce Corps mystique qu'est l'Eglise que nous formons,
doit «compléter en sa chair ce qui manque aux souffrances
du Christ». A plus forte raison le moine et la moniale; leur vie
doit, être un martyre permanent, une participation continuelle
à la Passion du Christ, sinon, ils ne sont que, des porteurs
d'un habit distinctif qui ne porte aucun témoignage; dans
ce cas, ils sont «les plus malheureux de tous les hommes» (1 Cor,
15 19).
Cette grâce d'avoir une plaie
en son corps à l'imitation des plaies du Christ, sœur Rafqa
l'a obtenue par celle qui fut la co-rédemptrice du monde,
Vierge Marie, le jour de la fête de son Rosaire, le premier
dimanche du mois d'octobre 1885. Ecoutons-la raconter à sa
supérieure ce qui s'est passé: «J'étais dans
le monde, dans la Congrégation des Mariamettes et dans les
premières années de mon séjour au monastère
de Saint-Sém'an, pleine de , santé et d'activité.
Je ne me rappelle pas avoir été malade en ces années
de ma vie.
«Un jour, les moniales de S. Sim'an
voulurent se promener aux environs du monastère. C'était
le dimanche du Rosaire (1er dimanche du mois). Pour moi je ne les
ai point accompagnées. Avant de sortir, chacune des moniales
vint à moi et me dit: «Priez pour moi, ma sœur». Celle-ci
demandait sept dizaines de chapelet, celle-là cinq, etc...
J'entrai à l'église , et je commençai à
prier, lorsque je vis que ma santé était bonne et
que je n'avais jamais été malade de ma vie, j'adressai
à Dieu cette prière: «Pourquoi, mon Dieu, vous éloignez-vous
de moi et pourquoi m'abandonnez-vous? Vous ne me visitez pas par
la maladie! M'auriez-vous abandonnée?»
«Au moment de dormir, j'éprouvai
une douleur très violente à la tête et la douleur
se propageait au-dessus de mes yeux et cela jusqu'à ce que
j'en fus arrivée à l'état que vous voyez, aveugle
et percluse. Et comme j'ai moi-même demandé la maladie
de mon propre gré et de mon plein consentement, il ne m'est
pas permis de me plaindre ou de murmurer».
Ainsi commença la Passion
de la sœur Rafqa qui fut, dans la suite, complètement aveugle
et percluse durant plusieurs années.
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