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SON OBEISSANCE
Quand la Servante de Dieu était encore Mariamette, elle enseignait
aux filles là où l'envoyait l'obéissance. Une
fois moniale, elle observait aussi avec exactitude ses vœux de religion,
et elle a persévéré dans cette ligne de conduite
jusqu'à sa mort.
«Son obéissance était
aveugle, rapporte sœur Abdel Ahad de Chabtine qui a vécu
avec elle durant; dix-huit ans; elle disait sans cesse: «la main
de Dieu est avec les Supérieurs». Elle ne critiqua jamais
une supérieure, ni demanda à être exempte de
quoi que ce soit, ni ne convoita une charge. Lorsque la cloche:
sonnait, elle abandonnait tout travail et s'empressait d'obéir
à l'appel de l'obéissance. Elle n'entreprenait aucun
travail que l'obéissance n'aurait pas ordonné»
Elle exhortait toujours les novices
à l'obéissance. Une fois, la cloche venait à
sonner, et une novice continua à coudre, mais la pointe de
l'aiguille fut cassée. Alors sœur Rafqa de lui dire: «avez-vous
su la raison pour laquelle la pointe de l'aiguille s’est brisée?
cela eut lieu parce que vous n'avez pas cessé aussitôt
que l'obéissance vous a appelée». Son exhortation
en ce domaine avait du poids parce qu'elle-même observait
le vœu d'obéissance de la manière la plus parfaite.
«La sœur Rafqa, rapporte sœur Ursula Doumit, était obéissante,
aimant cette vertu d'un amour extrême. Si elle soupçonnait
que la Supérieure désirait n'importe quoi, elle s'empressait
sans hésiter de faire la volonté de sa Supérieure.
Je fus sa supérieure pendant dix-sept ans, pas un seul jour,
je ne pus lui reprocher la moindre infraction au vœu d'obéissance.
Toutes les fois qu'elle refusait de prendre une nourriture qui n'était
pas celle de la Communauté, la sœur lui disait: «La Supérieure
veut que vous en preniez», et elle obéissait sans aucune
autre opposition ou refus. Elle exhortait toujours les jeunes moniales
et les novices à obéir tout de suite, leur disant:
«Comme il est bon, préférable et beau que le moine
mortifie sa volonté, s'en dépouille en faveur de son
Supérieur et s'abandonne tout entier entre ses mains; il
devient ainsi complètement tranquille». Elle était
d'ailleurs, le meilleur exemple et le meilleur modèle pour
les moniales, par son obéissance et ce, en la pratiquant
d'abord, en l'enseignant ensuite».
Lorsque sœur Rafqa devint aveugle,
elle se servait d'une canne pour s'orienter. «La moniale, disait-elle,
devait être docile et malléable entre les mains des
Supérieurs, comme ce bâton». Elle dit une fois cela
et se mit à remuer son bâton; alors la supérieure
lui dit: «vous m'obéissez donc et vous remuez entre mes mains
comme ce bâton? «Ne suis-je pas une moniale, moi ? ».
Un jour vint au monastère
Saint-Joseph à Jrabta un photographe. La mère supérieure
lui demanda de prendre une photo pour toute la Communauté.
Sœur Rafqa, elle, désirait ne pas y être; mais pour
obéir à sa supérieure, elle a accepté
à se faire photographier. Toutefois, elle a prié sa
supérieure de la laisser se mettre derrière les autres:
«que l'une des moniales, mes compagnes, reste à ma place
(ici devant), lui demanda-t-elle, et moi, je me tiendrai debout
avec celles qui sont debout derrière». La supérieure
acquiesça à sa demande; et avant que le photographe
ne prenne la photo, sœur Rafqa mit sur ses yeux ses lunettes noires.
Cette photo est encore conservée dans ledit monastère
comme un pieux souvenir.
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