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INTRODUCTION
Parler des vertus de la Servante de Dieu, c'est parler de son être
lui-même et de toute sa personnalité; c'est voir ce
qu'elle fut, et comment elle a vécu. Vécu quoi? sa
vie familiale? sociale? paroissiale, etc...? Oui, certes; mais c'est
surtout voir comment elle a vécu le Saint Evangile! comment
elle est restée fidèle aux promesses de son état
de baptisée! comment elle était unie incessamment
au Christ, «alfa»et «oméga» de toute vie humaine!
La plus grande vertu qu'avait sœur
Rafqa de Himlaya fut, à notre avis, la piété.
Etant ainsi pieuse et unie au Christ, nuit et jour, dès le
bas âge jusqu'à la mort, son âme ne pouvait pas
ne pas être embellie de toutes les vertus humaines, chrétiennes
et monastiques qui ont formé et marqué sa personnalité.
Parce que la vie de la Servante de Dieu était constamment
une vie de prière, sa foi dans le Seigneur était sans
limites. Jamais, on ne saurait vivre les trois vertus théologales,
fondement de notre vie chrétienne, si l'on est loin du Seigneur,
si l'on est pas des «hommes de prière»! Si nous, les moines
et les chrétiens, nous ne sommes pas «des hommes de prière»,
notre témoignage est faux et il est entaché d 'hypocrisie.
Et si nous ne sommes pas vraiment «des hommes de prière»,
notre message n'aura aucun poids, et notre peine sera sans résultat,
car, au fond, ce n'est pas notre message que nous cherchons à
donner aux autres, mais c'est le message propre du Christ. «Parlez-nous
de Jésus-Christ», réclame aux prêtres la jeunesse
contemporaine! «Enfin, parlez nous du Christ», disent les adultes
de notre temps aux prêtres et aux moines, car nous sommes
déjà saturés de tout ce qui est social ou autre»!
Alors, comment le prêtre ou le moine pourraient-ils parler
d'un inconnu? Comment pourraient-ils donner ce qu'ils n'ont pas
cherché à avoir? comment pourraient-ils annoncer le
message de l'Evangile s'ils ne le lisent pas ou s'ils ne le méditent
presque jamais? Comment pourraient-ils annoncer la Parole de Jésus-Christ
s'ils ne Le rencontrent pas matin et soir, ou bien s'ils ne L'écoutent
pas? La Servante de Dieu sœur Rafqa fut et reste toujours porteuse
du message du Christ parce qu'elle rencontrait chaque jour le Christ
et qu'elle L'écoutait à tout instant; autrement dit,
parce que sa vie a été constamment une vie de prière.
Sa foi était grande. «Fortifiez
votre foi, disait-elle aux novices; si vous avez la foi, vous n'aurez
peur de rien». «Elle croyait au Saint-Sacrement, rapporte sœur Hélène
Abi-Ghosn, comme si elle voyait Notre Seigneur. Elle s'adressait
à Lui, comme à une personne qu'elle aurait eue devant
les yeux, qu'elle aimait et à laquelle elle était
attachée; c'est pourquoi ses visites au Saint-Sacrement étaient
très prolongées». Une fois percluse, elle ne regrettait
qu'une seule chose: c'est de ne pouvoir assister chaque jour à
la messe.
Tout en elle manifestait sa foi et
son union au Christ, aussi bien sa conversation que ses actions.
Tout le monde sentait la véhémence de l'ardeur de
sa foi. Quand elle se portait bien encore, et qu'elle visitait le
Saint-Sacrement, elle était toujours à genoux et droite.
Pendant qu'elle travaillait, son cœur était enflammé
du feu de l'amour pour le Christ; lorsqu'elle priait, les signes
de la piété et de l'humilité se manifestaient
sur sa figure et dans chacun de ses mouvements et de ses gestes,
rapportent les moniales qui vivaient avec elle. «La foi de sœur
Rafqa, son espérance et sa charité, dit sœur Angelica
de Bâr-Halioun, resplendissaient sur son visage lorsque nous
accompagnions le père aumônier qui lui portait la Communion
tous les jours (après l'autorisation donnée par Saint
Pie X). Elle disait, lorsque le prêtre pénétrait
dans sa cellule: «soyez le bienvenu! je ne suis pas digne, Seigneur!».
Dieu seul sait les entretiens que cette âme, éminente
en vertu, avait avec Lui, lorsque nous la laissions seule avec son
Seigneur Jésus » .
Si notre Servante de Dieu vivait
parfaitement les vertus théologales, elle a également
pratiqué les autres vertus d'une manière aussi parfaite
qu'héroïque.
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