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SA CHASTETE
Nous savons que notre Servante de Dieu était une jeune fille
très belle. Une fois Mariamette, puis moniale, elle garda
sa beauté et sa fraîcheur, car cette beauté
corporelle n'était que l'expression d'une beauté intérieure
et d'un épanouissement réel.
En effet, l'épanouissement
de la personne humaine consiste en cet état euphorique dû
à la satisfaction de ses tendances intérieures profondes.
Parmi ces tendances que Dieu a mises en nous, il y a les tendances
sexuelles. Alors la question se pose: comment peut-on satisfaire
ces tendances? Elles ne sont jamais satisfaites que par l'amour,
qui est oubli de soi et don total.
Aussi les actes sexuels eux-mêmes
ne sauraient satisfaire ces tendances, et partant, ne sauraient
être un moyen d'épanouissement de l'être humain,
s'ils ne sont pas des actes d'amour, ou bien s'ils ne sont pas accomplis
par amour; ce qui ne pourrait être réalisé d'ailleurs,
que dans le cadre d'un mariage authentique. Plus on aime donc, plus
nos tendances sexuelles sont satisfaites, et plus on est épanoui;
et les moines et les moniales qui vivent réellement leur
amour pour Dieu et pour les hommes, satisfont au plus haut degré
leurs tendances sexuelles, et deviennent ainsi des êtres vraiment
épanouis, des êtres non seulement continents, mais
vraiment chastes.
Sœur Rafqa a été chaste,
et c'est pourquoi elle a été très épanouie;
son visage rayonnait de cette beauté qui n'était que
le reflet de son épanouissement, et le reflet de sa pudeur
et de sa modestie. «Elle était modeste, rapporte sœur Ursula
Doumit, chaste dans ses discours et dans toutes ses actions, pure
d'esprit, d'âme et de pensée, ne faisant nul cas de
l'amour du siècle et de ses plaisirs, éprise de Dieu
uniquement, méditant toujours ses perfections, brûlant
de charité pour Lui. Elle avait en horreur la conversation
de gens du siècle. Si elle y était contrainte, elle
s'y pliait malgré elle. Celui qui lui parlait était
édifié par ses entretiens et prenait une leçon
de morale, de sérieux et de modestie. Les marques de pureté
et de sainteté se manifestaient sur sa figure. Nous ne l'avons
jamais entendue proférer une parole inutile tout le temps
qu'elle passa parmi nous. Et comme elle ne pouvait se déshabiller
toute seule -étant aveugle et percluse -elle ne consentait
à se faire changer de linge que par une moniale avancée
en âge, lui faisant un devoir de fermer porte et fenêtre
et de la couvrir d'un drap pour ne pas voir son corps.
Les sept années qu'elle passa
à faire l'école à Ma 'ad elle fut le plus parfait
exemple de pureté dans sa conduite et d'excessive modestie
dans sa démarche, baissant sa tête et retenant ses
regards, dans sa conversation et dans toutes ses actions à
tel point que les habitants la surnommèrent: «La Sainte Religieuse»
.
Dans un monde aussi sensuel que le
nôtre et qui aspire sans cesse à l'épanouissement,
l'exemple de sœur Rafqa est là pour nous guider dans la voie
de l'amour vrai et authentique qui est oubli de soi et don total!
« Heureux les cœurs purs, car
ils verront Dieu»(Mt, 5, 8).
Heureux les chastes, car il sont
vraiment des êtres épanouis!
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