SES VERTUS
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SON APOSTOLAT

Notre Servante de Dieu a pratiqué la vie active quand elle était Mariamette et qu'elle enseignait et éduquait les filles de la montagne libanaise, et la vie contemplative une fois moniales dans l'Ordre Libanais Maronite. En somme, les deux genres de vie qu'elle a menés, n'étaient au fond que les deux aspects d'un seul et même apostolat dans l'Eglise du Christ. On se tromperait si l'on contestait à la vie contemplative son aspect essentiellement apostolique; comme on se tromperait si l'on opposait la vie active à la vie contemplative. Autrement dit, ne pas considérer la vie contemplative dans l'Eglise comme le vrai apostolat, c'est avoir une idée superficielle des choses; et nous savons que la superficialité allait devenir le péché capital du monde contemporain, qualifié de «siècle de vitesse». Seuls ceux qui ne réfléchissent pas assez et qui tiennent aux apparences, croient qu'il y a contradiction entre la vie active et la vie contemplative dans l'Eglise fondée par le Christ.

En outre, ceux qui tiennent aux apparences, sous-estiment la vie contemplative, et font campagne pour la vie active. Souvent, ces gens-là font plutôt ce qu'on appelle à juste titre de l'activisme que de l'activité apostolique; ce sont parfois des gens qui cherchent à s'évader, soit d'eux-mêmes, soit de leur maison religieuse; n'étant pas sincères, leur action reste en fait sans fruit et sans résultat.

Quant à l'Eglise, elle a toujours considéré, et à juste titre, la vie contemplative comme un vrai apostolat, du fait que le moine ou la moniale qui mènent une vie intense de prière, sont en réalité unis à Dieu et, en même temps, à tous les hommes, à condition bien sûr que leur vie contemplative soit vécue comme il se doit. Ainsi, leur action, dans l'Eglise et dans le monde, va en profondeur, et elle atteint le tréfonds de la personne humaine. Il n'y a pas de doute que la parole, prononcée et entendue, est très efficace, surtout quand elle émane d'une âme sincère. Il est aussi certain que le geste extérieur attire l'attention et éveille les consciences; mais l'âme qui prie en union avec Dieu, son action discrète reste beaucoup plus efficace, parce qu'elle touche l'homme en ce qu'il y a en lui de plus intime. D'où la valeur et la grandeur de la vie contemplative quand elle est vécue comme il se doit.

L'Eglise a donc de tout temps fait l'éloge de la contemplation. N'a-t-elle pas proclamé Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus patronne des Missions? Pourtant, cette sainte était une cloîtrée. Moniale, renfermée dans son monastère, mais vivant sa propre vocation de la manière la plus parfaite, Sainte Thérèse était le levain qui faisait lever la farine; c'est pourquoi, sa vie contemplative était des plus actives.

«Chacun selon sa vocation», disait le père Ni'matullah AI-Hardini le cénobite à son frère le père Elichâ' AI-Hardini l'ermite. Toutefois, une vie active qui ne se nourrit pas quotidiennement de la vie contemplative, de ces «temps forts de prière» comme dit le père Voillaume, reste stérile; et qui sait, elle fera, à Dieu ne plaise, plus de mal que de bien. De même, une vie contemplative qui n'est pas un oubli de soi et un don total à Dieu et aux hommes, quoique à l'intérieur du cloître, reste également stérile et source d'angoisse et de tribulation, car elle cesse d'être ce qu'elle devrait être: «un vrai apostolat». La vie active et la vie contemplative ne sont que les deux ailes de la colombe, ne cessait de répéter Saint Bernard à ses moines. Sœur Rafqa a pu «voler», car, en s'enfermant dans le cloître, elle continuait sa vie active dans l'Eglise, mais de la manière la plus belle!