ROME
sp1 sp3 sp2
Home Contacts Liens   Télécharger l'animation   Bibliographie Crédits
       
       
     
  CAPPELLA PAPALE
PRESIEDUTA DAL SANTO PADRE
GIOVANNI PAOLO II
PER LA BEATIFICAZIONE
DEI SERVI DI DIO
PIO DI SAN LUICI (LUICI CAMPIDELLI)
MARIA TERESA DI GESU GERHARDINGER
REBECCA AR-RAYES DE HIMLAYA

BASILICA VATICANA, 17 NOVEMBRE 1985
DOMENICA XXXIII DEL TEMPO ORDINARIO
 
     
       
     
   
     
       
     
   
     
 
         
   

BEATIFICATION

Le nom de baptême de la Bienheureuse Rafqa fut celui de Boutrossieh (Pierrette, en français). Elle nacquit vers les années 1832, dans le village de Himlaya, près de Bikfaya, dans la montagne. Son père s'appelait Mourad Saber El-Chabaq Al-Rayes; sa mère, Rafqa, de la famille El-Gemayel.

A l’âge de sept ans déjà, elle perdit sa mère; son père ne tarda pas à se remarier, et ce fut pour la petite fille un grand vide.

Déjà à l'âge de 14 ans, sa marâtre songeait à la marier avec l'un de ses propres frères, tandis qu’une tante maternelle voulait faire d'elIe la femme de l'un de ses fils. Très affectée de se sentir l'occasion de si graves problèmes de famille, elle pensa entrer dans la vie religieuse, ce à quoi elle pensait depuis longtemps déjà. Elle dut attendre pourtant l'âge de 21 ans, après des années de service chez une famille libanaise à Damas. La résolution s'y fortifia tant et si bien que elle résista aux sollicitations pressantes de son père et de sa marâtre. Elle ne voulait pas ainsi regarder en arrière, une fois arrivée la rupture avec la vie du monde.

Elle fut ainsi l'une des premières religieuses d'un nouvel institut fondé par un curé, le P. Joseph Gémayel, désireux de pourvoir à l'éducation religieuse et à l'enseignement des jeunes filles. De 1856 à 1871, elle fut donc enseignante, éducatrice, aimée de ses élèves, recherchée par les familles qui lui donnaient toute leur confiance. Et cela au milieu de graves conflits, surtout dans les années 1860. Elle dut souvent quitter sa communauté, accepter d'être accueillie par une famille qui lui assurait la vie sauve et lui permettait d'accomplir son ministère de Mariamat (fille de Marie).

En 1871, malheureusement cet institut, trop jeune pour résister aux événements tragiques, fut dissout. Et beaucoup de religieuses déroutées se résolurent à rentrer dans leur famille ou à trouver une situation nouvelle.

Ce n'est pas la voie que cherchait ni prit Rafqa. Elle la cherchera auprès du Seigneur, le priant et pleurant qu'il la lui montre. Et c'est ainsi que dans l'église Saint Georges, lui fut indiqué l'Ordre Baladite, fondé en 1695, qui s'inspire de l'antique monachisme égyptien. C'est dans cet ordre si austère qu'elle entra le 12 juillet 1871. Après un noviciat de deux ans, elle y prononçait ses vœux, prenant le nom de Rafqa (Rébécca). Pendant 2 ans, elle observa strictement les règles et prescriptions de l'ordre.

Un jour de 1885, pendant qu'elle priait seule, le dimanche du Rosaire, inspirée elle adresse à Dieu cette prière: « Pourquoi, mon Dieu, vous éloignez-vous de moi? et pourquoi m'abandonnez-vous? Vous ne me visitez pas par la maladie? M'auriez-vous abandonnée? ».

Le Seigneur entendit cette question qui équivalait à une offrande totale d'amour à sa volonté. Et il Y répondit par l'acceptation du sacrifice que Rafqa faisait de sa santé. Bientôt des douleurs violentes à la tête lui otèrent l'usage de l’œil droit. La douleur s'y propagea au point qu'une opération fut retenue nécessaire. L'ablation fut pratiquée d'une main très inexperte, ce qui augmenta la souffrance et la déplaça dans l’œil gauche avec la même intensité. Bientôt c’est œil fut perdu. Et ce fut la cécité complète pendant les trente dernières années de sa vie. La tête, le front, les yeux, le nez étaient comme traversées par une broche rougie au feu.

En 1897, Rafqa fut transférée dans un monastère où on cherchait à lui atténuer, malgré elle, ses douleurs et ses infirmités. Elle continuait à rester fidèle aux travaux qu'elle pouvait encore exécuter, et aux exercices et prières de la Règle.

Mais, en 1907, elle ressentit des douleurs très aiguës dans les jambes, comme si des pointes de lance s'y enfonçaient. Prélude à une paralysie douloureuse et quasi totale: des plaies s'ouvrirent, le corps se trouva replié dans une absolue immobilité, le menton touchant les genoux. Mais les lèvres murmuraient ses oraisons à Jésus souffrant qu'elle voulait imiter:

«En communion avec la blessure de votre épaule; avec la couronne d'épines; avec les douleurs causées par la lance... par les épines... par la croix".

Tels sont les sentiments d'identification totale au Christ qui s'exprimaient dans ses douleurs. Au printemps de 1914, le 23 mars, épuisée, impatiente de s'unir au Christ glorieux, Rafqa s'éteignait doucement.

Peu avant sa mort, elle répondait à sa supérieure: «Il n'y a dans ma vie rien d'important qui mérite d’être mentionné ».Rafqa nous apprend la place et la valeur de la souffrance dans le salut de chacune de nos âmes, et le salut du monde entier. Leçon difficile à recevoir, parce que notre époque cherche à reculer le domaine de la Souffrance, bien légitimement certes, mais ne se refuse aucune jouissance, tournant le dos ainsi au Christ crucifié, au complément que chacun, selon Saint Paul, doit apporter à la Passion du Christ.

Enfin, la vie sacrifiée de Sœur Rafqa se trouve bien dans l'image du chrétien, du disciple du Christ, telle que la dessine le Saint-Père dans son Encyclique Salvifici doloris;

« L'homme souffrant dans la foi la souffrance rédemptrice, est devenu, en un certain sens, participant de toutes les souffrances humaines... Il découvre en elle ses propres souffrances, les retrouve, grâce à la foi, enrichies d'un contenu nouveau et d'une signification nouvelle» (n. 20).