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  Monastère St. Antoine de Qozhaya (Ier millénaire; Liban nord)


"Fidèle à ses racines syro-antiochiennes, l'O.L.M., fondé en 1695, perpétue au sein de l'Eglise Maronite la tradition du monastère St.-Maroun (Ve s.), transmise par les moines du Mont-Liban.

Les 80 monastères et maisons religieuses, où s'activent les 450 membres de ses deux branches féminine et masculine, constituent des centres de ressourcement spirituel et socio-culturel au Liban et dans les pays de l'émigration".

 
     
       
     
   
     
       
     
   
     
 
         
   

L'ORDRE LIBANAIS MARONITE, ECOLE DE SAINTETE

L'Ordre Libanais Maronite auquel furent rattachés les monastères des moniales libanaises, a été fondé, en 1695, par trois jeunes maronites Àbdallah Carali, Gabriel Hawa et Joseph EI-Betn. Ils sont venus d'Alep, l'une des grandes villes du nord de la Syrie où l'on trouvait une colonie maronite assez florissante. Puis s'est joint à eux, dès leur arrivée au Liban, Germanos Farhat qui, lui aussi, était un maronite d'Alep.

Issus de familles assez aisées, et ayant acquis une culture vaste et solide, ces quatre jeunes alépins étaient les plus qualifiés pour organiser le monachisme maronite existant. Celui-ci tient son origine du monachisme syrien, mais il subit l'influence du monachisme égyptien fondé par Saint Antoine, comme il subit l'influence du monachisme basilien.

Comme il n'existait pas à l'époque de monastères en Syrie, ces jeunes alépins se sont rendus, en1694, au Liban pour s'engager dans la voie de perfection. L'âpreté de la vie que menaient les moines de ce pays, n'a point ébranlé leur décision. Ainsi ils restaurèrent un vieux monastère du nom de Mart Moura, au nord du Liban, pour s'y installer, avec l'intention de fonder le nouvel Ordre religieux. Puis, le 10 Novembre 1695, ils reçurent de la main du patriarche l'habit monacal. Cette vêture renfermait, à l'époque, les trois vœux monastiques et la consécration totale et définitive à Dieu. C'était le premier jour de l'Ordre.

Au début, la nouvelle Congrégation cherchait à définir la voie qu'elle entendait suivre. Frappés par la vie à la fois simple et héroïque de certains moines du pays, les réformateurs décidèrent, à l'unanimité, de ne modifier en rien les traditions monastiques du pays, mais d'organiser le monachisme existant par un système de centralisation. La réforme qu'ils réalisèrent dans l'Eglise par la fondation du nouvel Ordre, était d'une part un retour aux sources et aux Pères, en particulier Saint Antoine le Grand, St Basile, St Jean Climaque et St Ephrem; et d'autre part, une imitation de l'organisation du monachisme occidental existant depuis des siècles et qui leur a servi de modèle. Ainsi, le but de la nouvelle institution fut dans l'ensemble le même que celui du monachisme maronite traditionnel, à savoir la vie contemplative. La vie active fut considérée, dès le début, comme un but relativement secondaire.

Fidèle à l'idéal qu'il s'était tracé, l'Ordre Libanais rencontra, dès son origine, un succès considérable. Il connut en un laps de temps relativement court, une diffusion très rapide à travers tout le pays, et devint très prospère. Mais, quelque quarante ans après sa fondation, un esprit de désagrégation commença à s'emparer de ses membres. Deux mentalités s'affrontèrent: celle des Alépins originaires de la ville d'Alep et des familles relativement aisées, et celle des Libanais, à grande majorité de paysans qui avaient mené au Liban une vie dure et austère; les Libanais s'appelaient aussi «des Baladites» du terme «bled» qui veut dire «les originaires du bled ou pays», ou «des montagnards» c'est-à-dire de la montagne libanaise. C'est pourquoi, en 1770, l'Ordre se scinda en deux branches: Ordre Libanais Maronite (dit des Baladites et Montagnards), et Ordre Alépin Maronite. Toutefois, en dépit des difficultés qu'a connues l'Ordre avant la scission, celui-ci n'a cessé d'être une école de sainteté comme en témoignent les diaires des divers monastères.

Le monachisme maronite a connu également des moniales et des femmes ermites. Au lendemain de la fondation du nouvel Institut masculin, en 1695, une réforme s'imposait aussi aux monastères qui renfermaient des religieuses; elle a été préconisée, voire conçue, par le réformateur du monachisme maronite Mgr Àbdallah Carali. Le premier monastère réformé fut celui de Saint-Elie EI-Rass. Il a été confié à l'Ordre Libanais Maronite sur le conseil de son fondateur Abdallah Carali, au lendemain du Synode Libanais réuni en 1736. La branche féminine de cet Institut renfermait cinq monastères répartis dans le pays, à savoir: Saint-Elie EI-Rass, Saint-Sassine Baskinta, Saint-Maron Qonaïtréh, Saint-Sém´an EIQarn et Saint-Joseph Jrabta; notre Bienheureuse Rafqa a résidé en ces deux derniers monastères. Le nombre des religieuses libanaises maronites est actuellement d'environ cent quinze; elles étaient cloîtrées et suivaient la même spiritualité que celle de l'Ordre Libanais Maronite dont elles dépendaient; dernièrement, le Saint-Siège décida de réformer leurs Statuts de sorte qu'ils soient compatibles avec le genre de vie active qu'elles mènent déjà depuis une trentaine d'années. Aussi doit-on souligner que les Congrégations féminines maronites, hospitalières ou enseignantes, ne datent que de la deuxième moitié du siècle dernier.