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L'EGLISE MARONITE, COMMUNAUTE MONASTIQUE

L'Eglise maronite doit son nom à un important monastère, Saint-Maron, lui-même ainsi qualifié en 1’honneur d'un anachorète nommé Maron (Maroûn). Ce saint avait vécu au Nord de la Syrie, et s'était retiré sur une montagne pour mener une vie de prières et de pénitence, à l'instar de tous les autres moines syriens.

Nous n'avons malheureusement que peu de renseignements sur la vie et l'activité de notre solitaire. Le seul récit qui nous donne certains détails, nous vient de Théodoret, évêque de Cyr (en Syrie). Ce grand historien ne nous renseigne ni sur la date de naissance ni sur celle de la mort de Saint Maron. Néanmoins, grâce à lui, nous savons que le moine Maron est né au IV siècle. Ayant renoncé au monde, il menait dans son ermitage, souvent en plein air, une vie ascétique des plus austères. Sa réputation attira autour de lui des disciples qui, épris de perfection chrétienne, cherchaient un modèle et un guide spirituel expérimenté. Ces disciples se mirent à son école, partageant sa solitude et sa discipline. Après sa mort survenue vers 410, sa dépouille fut l'objet de disputes entre les habitants des diverses cités de la région. Chacune d'elles voulait avoir le corps de ce saint solitaire; en définitive, les habitants du bourg le plus peuplé et le plus fort réussirent à s'emparer du corps; ils le déposèrent dans un temple élevé spécialement à sa mémoire. Ce sanctuaire ne tarda pas à devenir un lieu de pèlerinage. En l'an 452, l'Empereur Marcien fit construire, pour les disciples de ce saint, un grand monastère dans le voisinage d'Apamée, chef-lieu de la Syrie Seconde. Ce monastère de Saint-Maron est le berceau de l'Eglise maronite.

L'importance de ce couvent devenait de plus en plus grande. Les fidèles des sites environnants relevaient de ce monastère et partageaient la vie de ses moines. Au VIII siècle, et à la suite de l'invasion arabe, lorsque le siège d'Antioche devint vacant, le puissant monastère de Saint-Maron, ayant juridiction sur la population des environs du couvent, se déclara indépendant et forma une véritable Eglise à la tête de laquelle se trouvait un patriarche.

Constituée en patriarcat et constamment fidèle à la véritable doctrine de la foi chrétienne, l'Eglise maronite ne cessa de subir les persécutions les plus violentes de la part des hérétiques et des Arabes. Acculés donc à endurer ces persécutions ou bien à changer de croyance, les Maronites préférèrent émigrer au Liban qui devint leur lieu de refuge et le centre de leur Communauté. Toutefois, au Liban, comme dans la vallée de l'Oronte, la Communauté maronite garda, au cours des siècles, son aspect original de communauté monastique, de manière que le patriarche et les évêques, voire les prêtres et les fidèles, ne cessèrent de partager la vie de leurs moines..

A cette époque, l'Empire byzantin était divisé en Préfectures, et celles-ci en provinces. Le Liban (ou la Phénicie), ainsi que la Syrie et la Palestine étaient alors des provinces du diocèse d 'Antioche dans la Préfecture d'Orient. C'est pourquoi, le patriarche maronite est, même de nos jours, patriarche d'Antioche et de tout l'Orient. La langue liturgique de l'Eglise maronite est restée le syriaque ou l'araméen, la langue que le Christ a parlée quand Il s'est fait homme.

Dans la suite, l'Eglise maronite s'est vite érigée en nation de sorte que le patriarche en était à la fois chef spirituel et temporel. Ainsi les Maronites purent se conserver en un Orient théocratique, et surtout ils purent aider les autres Communautés chrétiennes séparées à reconstruire leurs nouvelles Eglises redevenues catholiques.

En somme, sœur Rafqa de Himlaya est la fille de cette nation qui forme l'unique Eglise d'Orient qui est restée toujours fidèle au Siège Apostolique. Il n'y a jamais eu de maronites orthodoxes; tous ont été et sont catholiques, et le rôle qu'ils jouèrent dans la conservation du catholicisme en Orient a été très apprécié par les Souverains Pontifes. Si les Maronites sont ainsi les fidèles héritiers d'une tradition de sainteté et d'unité catholique qu'ils ont défendue au prix de leur sang, sœur Rafqa en est l'une des héritières les plus fidèles.