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LES FAVEURS ET FAITS PRODIGIEUX
L 'homme de Dieu ne saurait jamais
faire que ce que Dieu veut, car il devient intimement uni à
Lui de sorte que sa pensée s'inspire de la pensée
de Dieu, et que ses actes cherchent à être conformes
à l'agir de Dieu. S'il arrive à l'homme de Dieu d'accomplir
un miracle ou un quelconque fait prodigieux, n'oublions pas que
c'est Dieu lui-même qui fait les miracles par l'intercession
de ses fidèles disciples et de ses fidèles Serviteurs.
Aussi devons-nous souligner que le miracle a lieu, non seulement
pour le bien de l'individu qui en bénéficie, mais
surtout pour le bien commun, car ce fait prodigieux qui s'effectue,
est un signe divin; ce signe nous révèle une fois
de plus que Dieu existe; et d'autre part, il nous dit expressément
que tel Serviteur de Dieu qui a été fidèle
à sa vocation, quelque soit cette vocation, est, pour le
commun des mortels, un modèle à suivre.
La moniale Rafqa de Himlaya fut,
sa vie durant, une fidèle Servante de Dieu; elle a toujours
cherché à être parmi les vrais disciples du
Christ; c'est pourquoi, Dieu fit, par son intercession, des merveilles!
Tout d'abord, sa vie elle-même
était un miracle éclatant. On se demande, jusqu'à
nos jours, comment elle a pu tenir avec les souffrances atroces
qu'elle endurait? Comment elle a pu vivre jusqu'à l'âge
de quatre-vingt deux ans en cet état? En outre, comment elle
a pu se traîner, le jour de la Fête-Dieu, toute seule
et à l'étonnement de tous, jusqu'à l'église?
Certes, ce sont des faits prodigieux.
De son vivant, il y eut d'autres
faits extraordinaires. Un jour, deux moniales la déshabillaient,
comme d'habitude, toutes les deux seules. Sœur Rafqa leur demanda
si tout le monde, y compris la supérieure, étaient
déjà sorties; car étant aveugle, elle ne pouvait
pas s'en rendre compte. Les deux moniales, chargées de prendre
soin d'elle, répondirent par l'affirmative; mais en fait,
la supérieure était restée avec elles pour
voir la plaie effrayante de son épaule, tandis que notre
Servante de Dieu ne voulait pas parce qu'elle respectait beaucoup
la supérieure et avait honte d'elle. Alors sœur Rafqa leur
dit: «Ne me trompez pas; la supérieure est encore là;
je sens sa présence». A ce moment-là, la supérieure
s'approcha d'elle et lui dit: «Oui, ma sœur, je suis là;
permettez-moi de voir votre corps». Sœur Rafqa, en moniale obéissante,
n'objecta pas; puis s'adressant à la supérieure, elle
lui dit: «ma mère, laissez périr ce corps corruptible,
pour que les vers n'en fassent pas leur nourriture».
Un autre fait a été
relaté par sœur Ursula la supérieure que la moniale
Rafqa aimait et estimait énormément. D'ailleurs son
attachement à sa supérieure était conforme
à la Règle; en effet le premier article des Règles
et Constitutions de l'Ordre Libanais Maronite dit expressément
ceci: le moine (ou la moniale) doit considérer son supérieur
comme le représentant du Christ, et il doit lui manifester
tout honneur et tout amour.
La supérieure donc dit un
jour à sœur Rafqa, devenue aveugle et percluse, et souffrant
énormément: «Que désirez-vous sur cette terre?
voulez-vous voir?» Et notre Servante de Dieu de lui répondre:
«oui, je désirerais voir au moins une heure pour vous voir».
«Une heure seulement, et vous redeviendriez aveugle», répliqua
la supérieure en souriant. «Oui», répondit-elle. Pendant
qu'on lui tenait ce discours, la supérieure et les autres
moniales présentes la virent tout d'un coup souriante et
radieuse, puis elle leur dit: «Me voici capable de voir! Dieu soit
loué!» Ensuite elle commença à leur dire ce
qu'il y avait sur le dos de l'armoire, et à leur montrer
du doigt les taches rouges qui se trouvaient sur le voile de son
couvre-lit, etc... Après cela, elle s'endormit profondément
et tranquillement durant environ deux heures. Toutes celles qui
y étaient présentes, furent émerveillées
de ce fait extraordinaire.
Après sa mort, on a constaté
sur son tombeau le même phénomène qu'il y eut
sur le tombeau de Saint Charbel au lendemain de son inhumation,
le 25 décembre 1898, à savoir une lumière resplendissante
qui venait du tombeau de notre Servante de Dieu, puis disparut.
Plusieurs personnes, habitant les villages voisins du monastère
Saint-Joseph à Jrabta, virent cette lumière extraordinaire.
«J'ai vu cette lumière, rapporte Dorgham AI-Khoury Khaïrallah,
par deux fois, deux nuits différentes; et grâce à
cette lumière, je voyais les feuilles du chêne, qui
est en face du caveau, une à une».
Les miracles que le Seigneur a accomplis
par l'intercession de la Servante de Dieu, étaient, en général,
dûs au fait que les malades prenaient un peu de terre du tombeau
de sœur Rafqa, la diluaient dans l'eau et la buvaient, ou bien ils
badigeonnaient la partie malade du corps.
Il semble que le premier miracle
de ce genre eut lieu au monastère Saint-Joseph de Jrabta
lui-même, et que la bénéficiaire fut la mère
supérieure. En effet, sœur Ursula Doumit souffrait, depuis
sept ans, d'une pustule qui avait poussé au cou, à
l'intérieur, sous le menton, et qui est devenue aussi grosse
qu'une noisette. Les médecins lui prescrivirent de la badigeonner
de teinture d'iode; mais elle n'en tira aucun profit, jusqu'à
ce que cette pustule devint plus grande et fit bien mal à
sœur Ursula, de sorte que celle-ci ne pouvait plus boire l'eau ou
le lait que très difficilement.
Quatre jours après l'inhumation
de notre Servante de Dieu, la pustule causa à la supérieure
un accès de fièvre très violent. La nuit vint,
et sœur Ursula dormait profondément lorsqu'elle entendit
frapper à la porte de sa cellule, et une voix lui disait:
«prenez de la terre du tombeau de Rafqa, et enduisez-en votre gorge».
Le matin, après s'être informée auprès
de ses moniales, elle s'est rendue compte qu'aucune d'elles n'était
venue la déranger la nuit. Alors, elle était sûre
que cette voix venait de très loin; elle se leva et alla
au tombeau de la Servante de Dieu; elle prit de la terre, la fit
dissoudre dans l'eau, et en enduisit la pustule. Peu de temps après,
elle put boire le bol de lait sans la moindre difficulté.
Elle tâta ensuite la gorge, elle ne trouva aucune trace de
la pustule, et elle fut complètement guérie.
Quelques jours après la mort
de la moniale Rafqa, arriva au monastère un certain Chahine
AIFarrane, du village de Sghâr, dans le voisinage de Jrabta.
C'était un brave chrétien qui possédait juste
le nécessaire. Il était, ce jour-là, inquiet,
et il tremblait. Il dit à la supérieure: «ma fille
Madeleine est atteinte de la fièvre typhoïde; la fièvre
l'a prise depuis huit jours; son corps est un feu; elle a perdu
connaissance. Je lui ai administré certains médicaments
que des gens m'ont indiqués, mais son état n'a pas
changé; je l'ai laissée très mal et sur le
point de mourir. Je vous prie, ma mère, de me donner quelqu'argent
pour que je puisse appeler le médecin qui viendra la voir».
La supérieure a été très touchée;
mais pour le tranquilliser et lui épargner le déplacement
et les dépenses, elle lui conseilla de prendre plutôt
un peu de terre sur le tombeau de sœur Rafqa, surtout que Chahine
la connaissait bien, et il la considérait, même de
son vivant, comme «une sainte». Il prit alors de la terre, la fit
dissoudre dans l'eau, et la donna à sa fille. Dès
qu'elle l'a bue, elle commença a transpirer jusqu' a ce que
son corps nagea dans la sueur, et la fièvre la quitta complètement.
Elle était guérie; et le lendemain même, elle
a repris son travail comme domestique dans une famille.
Mariam, la sœur de la supérieure,
était originaire de Ma'ad mais mariée au village de
Sghâr. Elle éprouvait, depuis sept ans, une douleur
atroce à l'épaule gauche. Elle ne pouvait pas porter
sa main sur la figure, ni sur la tête qu'avec le secours de
sa main droite. On lui apporta un peu de terre du tombeau de notre
Servante de Dieu; elle la dilua dans l'eau, en but une partie, et
badigeonna l'épaule avec le reste. Elle fut complètement
guérie, et se mit à mouvoir son bras malade sans éprouver
la moindre douleur. Le lendemain, heureuse d'avoir été
privilégiée, elle vint au monastère remercier
sœur Rafqa, et y offrir un petit sceau d'huile: «cette huile, dit-elle
aux moniales, est pour brûler devant le Saint-Sacrement en
action de grâces».
Le père Marcos Al-Ma'adi a
connu personnellement sœur Rafqa et il a été au service
du monastère Saint-Joseph pendant un certain temps. Il eut
à la joue droite, une tumeur, une sorte de phlegmon de la
grosseur d'un œuf de poule, qui persista environ dix-neuf ans. Le
mal allait en s'aggravant, et les médecins ne purent lui
fournir aucun soulagement. Un jour, se trouvant au monastère
de Saint-Joseph à Jrabta, il se rendit au tombeau de notre
Servante de Dieu et s'est adressé à elle par ces paroles:
«Ne vous souvenez-vous pas de mes labeurs dans votre couvent? maintenant
que je suis atteint de cette maladie incurable, pourquoi ne venez-vous
pas à mon secours?». Alors il prit de la terre sur son tombeau,
et il en badigeonna la tumeur. La nuit même, un certain liquide,
mêlé d'un peu de pus, coula de la tumeur; et le lendemain,
le phlegmon a disparu, ne laissant pas la moindre trace ou cicatrice.
Il a été complètement guéri. «Je suis,
affirme-t-il, absolument convaincu que c'est elle (Rafqa) qui m'a
guéri».
Il n'est pas inutile de relater ici
le fait que des médecins ont essayé d'examiner au
laboratoire, cette terre que les fidèles prenaient du tombeau
de la moniale Rafqa, et qui s'avérait aussi efficace. Ont-ils
agi par mauvaise intention? Nous ne le savons pas. Toutefois, ils
se sont rendus compte que cette terre est identique à toute
poignée de terre de la montagne libanaise, et que la différence
est due uniquement à la présence de cette terre près
du tombeau de la moniale Rafqa de Himlaya.
Il y eut, selon le registre du monastère
Saint Joseph, plusieurs guérisons opérées par
l'intermédiaire de notre Servante de Dieu. Nous nous arrêterons,
pour terminer, à la guérison de Sabbat (Elisabeth)
Hanna Georges, originaire de Tourza, au nord du Liban. Elle fut
atteinte, en 1936, d'une hémorragie avec douleur aiguë
à l'utérus. Elle se fit alors soigner par les médecins,
elle dût rester un certain temps à l'Hôpital
Hôtel-Dieu de Beyrouth où elle subit des traitements
divers. Toutefois, les médecins furent tous d'avis qu'elle
avait un cancer à l'utérus, et qu'il n'y avait pas
espoir de guérison. Ils dirent même à ses parents:
«Prenez-la chez elle, pour qu'elle ne meure pas à l'Hôpital».
Ils l'ont emportée, n'ayant plus qu'un souffle; ils avaient
même peur qu'elle ne mourut avant qu'ils n'arrivent à
Tourza. En route, elle demanda l'intercession de la sœur Rafqa,
formulant la résolution de visiter son tombeau. Alors immédiatement,
l'hémorragie diminua, puis elle cessa complètement.
Elle était totalement guérie, et elle mangea à
sa faim, retrouvant ainsi le repos complet. Elle ne mourut que quelques
trente ans après sa guérison.
Selon les registres du monastère,
sœur Rafqa a exaucé les vœux d'un grand nombre de ceux qui
ont eu recours à elle. Cependant, nous pouvons dire que le
plus grand miracle que notre Servante de Dieu a opéré,
c'est ce retour des fidèles au Seigneur, car, grâce
à elle, ils cherchent à vivre authentiquement leur
christianisme. A lire sa vie, à visiter son tombeau, à
méditer les souffrances qu'elle a endurées, un bon
nombre de moines, de moniales et de chrétiens, deviennent
plus proches de Dieu, et plus unis à Lui. Il n'y a pas de
doute que c'est là le vrai miracle opéré par
«la sainte de Jrabta».
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