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APPENDICE Il
Relation médicale faite et
soussignée le 4 septembre 1981.
A la demande du Père Joseph
Mahfouz, moine Libanais Maronite, a été menée
une enquête médicale posthume, à partir des
témoignages recueillis depuis 1926 lors de l'instruction
menée par l'Ordre Libanais Maronite, sur la vie de la Sœur
Rafqa de Himlaya, Moniale Libanaise Maronite.
Cette enquête est menée
en présence du R.P. J. Mahfouz par les médecins suivants:
Dr. Joseph Khoury, médecin spécialiste en ophtalmologie.
Dr. Kamal Kallab, médecin spécialiste en neurologie.
Dr. Richard Borgi, médecin spécialiste en orthopédie.
Au terme de cette enquête les médecins dont les noms
sont suscités, purent reconstituer de façon approximative
l'histoire médicale de la Sœur Rafqa. Voici les principaux
faits qui s'en dégagent:
A) Première période:
Née en 1832, la Sœur Rafqa
grandit sans
problème de santé significatif.
Dans cette période de sa vie, son développement se
serait fait de façon habituelle et normal. Il n'y aurait
eu aucun antécédant médical, ni de déformations,
la taille était moyenne. (Pages 35 à 50, opuscule
rédigé par R.P. J. Mahfouz). B) Deuxième période:
Celle du début de la maladie.
Elle se situe vers 1885. La sœur est alors âgée de
53 ans. Apparition brutale de céphalées et de douleurs
orbitaires bilatérales, l'œil droit était enflé,
rouge et exorbité, l'œil gauche était aussi malade
et la Sœur Rafqa accusait une photophobie. Soignée à
Jbeil pour son œil droit, elle perdit la vue au bout d'une période
imprécise s'étalant sur 10 ans. D'abord, à
droite par éviscération intempestive puis à
gauche. Ce tableau évoque une uvéite bilatérale.
C) Troisième période:
Vers l'âge de 65 ans (1897)
la Sœur Rafqa se serait plainte de douleurs au niveau des 2 membres
inférieurs et qui ont évoluées jusqu'à
sa mort. Jusqu'à l'âge de 75 ans l'état de la
moniale Rafqa se serait progressivement aggravé jusqu'à
la rendre grabataire.
D) Quatrième période:
Pendant 7 ans la Sœur Rafqa était
grabataire et impotente des membres inférieurs. Dans cette
période, les déformations, apparues dans les années
précédentes, se seraient aggravées, elles concernaient:
Au membre inférieur les deux
hanches essentiellement.
Au membre supérieur toutes
les articulations sauf celles des mains qui étaient restées
indemnes. Cette période se serait distinguée par la
présence d'une mobilité aberrante au niveau des 2
membres inférieurs, surtout à droite. Au décours
de la période terminale, certains témoignages relèvent
la présence d'escarres cutanées et d'ouverture de
la peau au niveau de la hanche gauche, de la cheville gauche et
de l'omoplate droite. A aucun moment de sa vie la Sœur n'aurait
été incontinente (urines, selles).
La mort est survenue à l'âge
de 82 ans dans un tableau de cachexie.
Impression: De l'énumération
de ces faits il est difficile de conclure à un diagnostic
précis, d'autant plus que certains témoignages paraissent
contradictoires. (Notamment, la présence d'ankylose et de
mobilité aberrante au niveau des membres inférieurs).
Il est cependant possible d'établir
certains faits avec une grande probabilité:
-Vers l'âge de 53 ans une cécité
bilatérale.
-Des déformations articulaires
et des douleurs vers l'âge de 65 ans.
-Une impotence avec invalidité
vers l'âge de 75 ans.
L'attestation médicale réalisée
par le Dr. Toufik Sarah de Batroun le 30 juillet 1927 à la
suite de l'examen des restes de la Sœur Rafqa lors de l'exhumation
de ces restes, porterait à croire que le siège des
ouvertures cutanées et les déformations articulaires
correspondaient à des destructions osseuses localisées.
(cf. photocopie jointe).
Conclusion: L'apparition tardive
de la maladie, l'évolution prolongée, l'absence de
malformations congénitales connues, l'association et la topographie
des lésions, l'absence de signes évidents d'atteinte
neurologiques (notamment l'absence d'incontinence) font évoquer
en premier lieu le diagnostic de tuberculose avec localisation oculaires
et osseuses multiples. Il nous est apparu que tout autre diagnostic
était moins probable que celui-là, compte tenu du
rapport du Dr. Sarah qui étaye cette éventualité
diagnostique et la rend plus plausible et plus probable.
En signalant toutefois la présence
de séquelles de fracture surajoutés au niveau des
pièces fémorales droite et gauche.
Les douleurs physiques rencontrées
au décours de cette maladie sont habituellement atroces surtout
pour les localisations oculaires et iliaques.
La présente attestation est
rédigée à la demande du Père Joseph
Mahfouz au titre de Postulateur de la Cause.
P.s. -Si une exhumation est encore
possible, l'étude macroscopique et microscopique des lésions
ne peut qu'apporter des preuves au diagnostic médical établi
à portée des témoignages de l'instruction et
du rapport médical du Dr. Toufik Sarah.
Etabli à Jounieh en ce jour
de septembre 4 de l'année mille neuf cent quatre vingt un.
Dr. J. KHOURY Dr. K. KALLAB Dr. R.
BORGI
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